Délirium très mince...
La politique m'a toujours intéressé, peut-être parce que je suis tombé dedans tout petit. Maintenant, je m'en suis bien éloigné, mais je la scrute de ma petite colline.
Dans cette rubrique, pas d'info "off" croustillante mais un buffet froid de réflexions à chaud sur la présidentielle 2007. Je souhaite en garder la trace et mesurer sur moi, avec votre concours, l'influence de la campagne et du brouha-brouha médiatique.
Le débat interne au PS est en train de s'achever. Je ne l'ai pas suivi en détail. Ce n'est pas par manque d'intérêt mais en raison d'un principe de réalité. Le PS a ses règles et les manoeuvres d'appareil sont un élément essentiels de son fonctionnement. Peut-on parler d'un débat d'idée puisqu'un congrès a déjà fixé une synthèse ? Peut créer un ligne "différente" quand le projet du parti est déjà écrit ? c'est un concours de beauté en plus ! Bon OK je suis peut-être un peu de mauvaise foi...
La personnalité de Fabius m'a toujours fait tiqué. Lors de l'affaire du "Rainbow Warrior", je l'ai trouvé fort pressé de sauver son destin de "Premier Ministre de la France", limite mesquin. Je l'ai trouvé digne dans l'affaire du sang contaminé, tentant d'expliquer la complexité des mécanismes de décision. Sur le référendum, son positionnement m'a paru simplement tactique. Pour mémoire, la signature de l'Acte Unique, fondement de la libéralisation du marché européen, a été finalisée sous son gouvernement. Si vraiment, son changement d'orientation était profond sur le sujet, il n'aurait pas accepté la synthèse au Congrès, Il aurait pu également chercher par l'Internationale Socialiste la construction d'un réel plan B pour l'Europe.
DSK propose un chemin clair : assumer le caractère social-démocratique. C'est honnête, c'est intelligent mais ça ne fait pas rêver. Un rendez-vous manqué avec un réelle chance d'avancer.
Quant à Ségolène Royal, j'ai regardé cette ascension avec fascination. D'un coté, elle apparaît comme un produit de marketing, un positionnement maternel à souhait, un vrai pub de produit laitier, fraicheur et authenticité. D'un autre, elle crée un bouleversement idéologique, elle raméne à gauche la notion d'ordre. Elle est peut-être en capacité de réussir ce que Chevènement n'avait pas pu faire : une révolution "conservatrice" à gauche, qui fait le tri dans les héritages de 1968.
Bon allez plus qu'une à deux semaines de suspens, on devrait y voir plus clair après.
J'ai trouvé "intéressant" le numéro de Jean-Louis Borloo ce soir sur France 2. Je suis d'accord avec lui : la profonde crise identitaire que vit la nation française doit occuper une position centrale dans le débat. Par contre, il n'a pas du tout détaillé sa vision... Dommage.
Le pronostic au 10/11/06 : Ségolène Royal sera la candidate du PS. L'UMP empêche Le Pen de se présenter pour s'assurer un socle à droite. Bayrou peut créer une surprise, surtout si les chiraquiens décident de flinguer Nicolas Sarkozy. Idem pour le candidat "alter", si au PS, certains décident de faire du billard à 3 bandes.