Délirium très mince...
J'ai été impressionné par l'équipe soignante, qui a accompagné mon épouse dans sa rude journée de samedi. En particulier, ils ont su écouter et trouver les mots pour expliquer dans les premiers moments, rassurer dans les moments d'angoisse, mais aussi encourager de manière musclée en pleine "poussée" (oué, à Toulouse, même les sages-femmes aiment la castagne....). Une partie importante de ces échanges tourne autour du ressenti de la douleur par la patiente et sur l'action possible de l'équipe médicale pour rendre ce moment plus acceptable. Des mots qui soignent...
En fin de travail, suite à un problème sur l'appareil d'injection de la péridurale, l'interne d'anesthésie a été appelé. Il a vite constaté que ce moyen était indisponible. Le voilà qui prend la main de mon épouse, en lui disant : "Non Madame, vous n'avez pas mal... En fait, vous avez très mal ! vous pouvez serrer votre main". Comme j'avais pris l'autre main, j'ai pu mesurer l'intensité du moment.
Le gars restait attentif à ce que ce passait, et au signal de sa collègue, le voilà, qui envoie le volume de deux fioles dans la perfusion, en annonçant : "Madame, la tête va vous tourner un peu, mais c'est normal, c'est pour vous aider, je vous prie de respirer normalement..." et il accompagne le tout d'un sourire version Hollywood !
Une fois la dernière action terminée, Il adresse à ma femme un superbe : "ok, tout va bien ! ". Re-sourire Hollywood et puis, il m'entraine à l'écart et me sussure à voix basse : "bon pour la fin, j'ai balancé deux doses un peu gaillardes, elle en avait besoin. Maintenant, vous pouvez l'aider à se détendre, mais vous vous débrouillez comme vous voulez, elle ne dort pas pendant la prochaine demi-heure..."
Et voilà, comment je me suis mis à déblatérer des mots un peu sans queue ni tête... Des mots aussi pour essayer de soigner, sans trop la paniquer... mais j'étais moins doué, car, au bout de 5 minutes, voilà mon épouse qui me dit : "Pourquoi tu veux pas que je dorme ?"